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Comment créer une application à succès en 10 étapes : le cas Tip-Off

tip off

Tip-Off Basketball, ça vous dit quelque chose ? Arrivée sur l'Android Market fin décembre, l'application connaît un succès monstre. Pas de recette magique mais beaucoup de travail et de sueur, de talent et de vision et surtout une appréhension perspicace du marché du jeu vidéo mobile. Résultat : Google s'incline et vous place en première page de son Market. Joli coup de projecteur sur une sympathique entreprise française, ioPixel, formée par trois potes en 2011. Après avoir lancé trois autres applications en indépendants, ils retroussent leurs manches, se disent que, tant qu'à faire, autant avoir un métier qui les passionne et quittent le calcul scientifique pour se consacrer corps et âme au développement de Tip-Off. A la rédaction, nous avons décidé de nous pencher de plus près sur cette entreprise inspirante et de vous proposer les dix clefs pour créer une application à succès.

1/ Trouver une Bonne Idée et s'y tenir

Bien sûr, la première étape quand on créé une application, c'est d'avoir une Bonne Idée. Comment trouve t-on une Bonne Idée ? En partant de constats simples. Jean-Alexis Lauricella, 29 ans, président de ioPixel, nous explique que le premier jeu de basket créé à l'époque où il officiait encore en tant qu'indépendant, est simplement né de l'envie de trois copains de créer un jeu pour Android. Après s'être creusés les méninges, ils en viennent à la conclusion que les jeux de sport sont le plus simple à créer pour un premier essai car ils permettent d'éviter l'étape laborieuse de l'explication des règles. Quand on parle de basket-ball, même si on ne connaît pas les subtiles différences entre double-double, alley-oop ou détente sèche, on sait que le but est de mettre un ballon dans un panier. Classique mais efficace.

Pour le premier essai, il est bon d'avoir des exigences réalistes et de se fixer des objectifs en conséquence. Une première puis une seconde puis une troisième application sur le Market, Jean-Alexis et ses acolytes sont prêts à se lancer dans l'aventure et deviennent une entreprise. La Bonne Idée revient sur le tapis : si le premier jeu de basket a bien fonctionné, pourquoi ne pas l'approfondir pour proposer quelque chose d'encore plus élaboré ?


2/ Étudier le Marché

Une fois la Bonne Idée apprivoisée, il faut vérifier que A. la demande est effective et que B. on propose un produit différent de celui de la concurrence. Le découpe-oeufs de pique-nique, par exemple, part d'une bonne intention, mais personne n'hypothéquera sa maison pour acheter des parts dans l'affaire. La Bonne Idée en tête, on va donc, loupe à la main, investiguer le marché – dans le cas présent, le Market – et on en tire les conclusions nécessaires.

Notre ami Jean-Alexis a arpenté la base de données Google pour arriver aux constats suivants : premièrement, les jeux de basket étaient il y a trois ans, époque de son premier essai, assez peu présents sur smartphones et tablettes, aucun univers ultra codifié n'y était donc attaché, comme c'est le cas pour les jeux de voiture par exemple. On peut alors se permettre quasiment toutes les folies. Il faut cependant éviter l'écueil de ressembler à un produit à succès déjà existant, ici, Stardunk. Deuxièmement, les jeux sous Android sont un peu tristes, contrairement aux produits iOS. Il était donc important d'apporter une bonne dose de fun à leur application.


3/ Être entouré d'une équipe soudée, complémentaire et talentueuse

Quand vous vous lancerez dans l'aventure, veillez à être entouré des Bonnes Personnes. Une Bonne Personne ne laisse pas seulement sa place dans le métro à une personne âgée, c'est quelqu'un qui a des compétences que vous ne possédez pas. Chez ioPixel, chacun a un rôle bien précis, qui s'est défini de façon naturelle. Chacun apporte ses compétences et son regard d'expert : l'un, appartenant au clan fermé des démo-makers, une méthode de développement pour générer des paysages aléatoires de façon mathématique, s'occupe des subtilités techniques. Un autre, qui brille par son esprit d'analyse et de synthèse, est attaché à la partie physique du jeu : il gère la façon dont les objets réagissent, interagissent entre eux. Le dernier enfin, est au game design. Il chapote les différentes étapes, veille à un environnement cohérent, apporte des indications artistiques. Le graphisme est assuré par une personne en interne ainsi que par des freelances. S'entourer de personnes ayant d'autres cordes à leurs arcs, c'est aussi permettre une vision plus large, des idées nouvelles et surtout des compétences variées.


4/ Travailler efficacement : utiliser la méthode Scrum

Je vous plante le décor : vous travaillez sans broncher depuis des mois sur un projet de château-fort modèle réduit en allumettes, vous vous apprêtez à assembler les pièces mais drame, rien ne s'emboîte avec rien. Pour éviter ce genre d'incidents regrettables, ioPixel a décidé d'adopter la méthode Scrum, qui permet d'optimiser ses projets et de les assouplir grâce à des temps de production très courts. On teste directement des éléments afin de pouvoir les modifier rapidement s'ils ne fonctionnent pas, à partir de grandes familles de tâches et de cycles très courts. Ainsi, en seulement deux semaines, le studio avait mis en place 90% des mécaniques physiques de Tip-Off Basketball. Les animations, le graphisme, le game play restaient à élaborer mais de cette façon, on sécurise un à un les éléments et quand on passe à un nouveau cycle, on est à peu près sûr qu'on en a fini avec.


5/ Se démarquer graphiquement

Qui aime les applications vraiment moches ? Avec un design pas top ? Des gros pixels ? Personne. L'étape du design est une étape primordiale, que les développeurs de Tip-Off Basketball ont choisi de prendre tout particulièrement à cœur. Le joueur étant plutôt passif devant un jeu sur téléphone (contrairement à la Wii par exemple), il est important d'avoir un univers visuel fort, car c'est ce qui attire en masse. En observant le marché, point clef #2, Jean-Alexis avait pu remarquer que la plupart des applications Android manquaient de fun. Chez Apple, à l'extrême opposé, on est en plein dans le cartoon, le dessin sympa propre sur lui. Dans une volonté de se démarquer de ces deux visions, Tip Off a choisi d'utiliser l'héritage esthétique du comics américain pour un jeu aux allures de Gotham City. L'univers visuel est très riche, rempli de détails, parce que oui, quand on joue à Tekken 2 sur Playstation, on ne s'attend pas à du grand art, mais 10 ans plus tard, on est devenu un peu plus exigeant. Un train qui passe dans le lointain, les lumières qui éclairent la ville : autant de petites choses qui apportent une profondeur supplémentaire au jeu et donnent au public envie de rester dans un univers.


6/ Offrir une expérience différente

Toujours dans une optique de proposer une expérience différente au joueur, une application réussie ira au bout de son raisonnement. Tip-Off a misé sur la carte du fun et exploite l'idée du design au game play. Partant de la problématique qu'il est bien trop ennuyant d'attendre que la ballon entre dans le panier une fois le tir effectué, Jean-Alexis et son équipe ont mis au point des dizaines d'animations liées au vocabulaire du basket-ball, comme le brick shot, un tir loupé qui rebondit sur le panneau, traduit visuellement ici par des briques tombant sur l'écran ou le air ball, un tir manqué qui ne touche ni le cercle, ni la planche, qui fait tomber le ballon dans un trou noir dans le jeu, dynamisant ainsi le rythme de l'action. Fun à tous les étages, mais plus important, une ligne directionnelle parfaitement respectée.


7/ Tester, tester, tester. Objectif : zéro bug

Ca y est, votre application est prête. Vous avez suivi toutes les étapes, vous êtes fier comme un pou de votre produit. Vous le lancez sur le marché, vous attendez anxieusement de recevoir les retours des utilisateurs. Et là, comme un couperet, les premiers problèmes sont signalés. Car oui, autant sous iOS, vous n'avez à tester qu'une version, autant sur Android, chaque téléphone de chaque constructeur peut rencontrer des problèmes différents. Vous vous pliez en quatre pour les réparer mais c'est trop tard, les mauvaises étoiles du Market ont coulé votre réputation, s'en est fini de vous – théâtralisation extrême de l'action. Chez ioPixel, on a trouvé la solution : tester, tester et tester encore. Le but est simple, il faut éradiquer tous les bugs avant le lancement pour ne pas avoir à reprendre l'application en cours et ainsi, éviter les appréciations négatives sur le Market. La campagne de tests a donc été beaucoup plus longue que d'habitude mais le jeu en vaut la chandelle : très peu de bugs signalés, une note élevée et des utilisateurs ravis, ce qui a valu à Tip Off Basketball de se retrouver en première page de l'Android Market la semaine dernière. CQFD.

8/ Miser sur le gratuit

Des applications payantes très bien faites, il y en a beaucoup. Des application payantes à succès, il y en a très peu, n'est pas Beautiful Widgets qui veut. Partant de cette observation, ioPixel a fait le pari qu'un produit de qualité serait probablement plus vite remarqué que s'il était payant. Une intuition payante : la première semaine, qui est toujours la plus difficile, Tip Off est téléchargé 20 000 fois. Opter pour le gratuit, c'est aussi toucher un public plus large, de l'ado, qui n'a pas toujours de carte de crédit au parano du vol des données sur le cyberespace (80% de la population). ioPixel a réussi à adapter un système économique différent des habituelles bannières, pas toujours très rentables, grâce à des monnaie virtuelle que l'on peut acheter et utiliser dans le jeu.

9/ Encourager la viralité

Avec un marché saturé, rien ne fait ou ne défait une réputation plus rapidement que l'avis des internautes. Le bouche à oreille est la meilleure façon de créer le buzz, et le bouche à oreille actuel est virtuel, c'est Facebook, Twitter, Google +. Comment encourage t-on les utilisateurs à parler de son application ? Qu'elle soit bonne ne suffit pas, on ne se fend pas d'un statut sur son wall si facilement. ioPixel a donc mis en place, en plus des désormais traditionnels scores à mettre sous le nez de vos amis, un système de code de sponsorisation. Plus vous parrainez de nouveaux joueurs, plus vous gagnez de coins, la monnaie virtuelle de Tip-Off. Les codes se sont échangés par centaines sur les réseaux sociaux mais aussi les forums et le Market. Une façon intelligente d'inciter à la viralité.


10/ Accompagner son produit

Que fait-on une fois son application lancée dans la nature ? Lui dit-on adieu, lui souhaite t-on de beaux lendemains ? Non ! Pour qu'elle grandisse encore, pour que les utilisateurs soient toujours contents et pour s'assurer une bonne réputation en vue d'un produit suivant, on l'accompagne. A tous les fans de Tip Off Basketball, ioPixel continuera donc à vous proposer mises à jour et nouveaux bonus. L'un des utilisateurs a écrit que Tip Off était « le meilleur jeu de basket de toutes les plate formes mobiles depuis quatre ans ». Une réputation à entretenir.

 

Et comme on aime vraiment beaucoup Tip Off, on vous laisse avec une vidéo présentant le jeu :

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