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5 min de lecture 4 Commentaires

Google Pixel 2 : le meilleur photophone du marché a encore plus de potentiel que vous ne l'imaginiez

Vous en avez peut-être marre de lire que l’appareil photo des nouveaux Pixel a obtenu le meilleur score aux tests de DxOMark. Ce qui est plus intéressant encore, c'est que Google cache à l’intérieur de ses nouveaux smartphones du hardware encore inutilisé qui, une fois réveillé, pourrait élever la barre encore plus haut. Dans cet article, nous parlerons des technologies utilisées par Google afin d’améliorer votre expérience avec l’appareil photo.

Ce n'est pas la première fois que Google améliore les performances de ses smartphones en utilisant son logiciel ad hoc, et il suffit de voir les résultats obtenus avec l’appareil photo des premiers Pixel pour le comprendre. Cette fois, il est allé plus loin : au lieu de simplement améliorer le code à la base de l’appareil photo, il a inséré un coprocesseur maison, associé au Snapdragon 835, et l'a appelé Pixel Visual Core.

La conception de hardware dédié n’est pas quelque chose de nouveau chez Google, comme on l’a déjà vu lors de la présentation des derniers Nexus. Il avait inséré un coprocesseur appelé Sensor Hub capable de traiter les informations des capteurs et d’améliorer la reconnaissance des mouvements des smartphones. Maintenant, l'accent est porté sur le segment photographique. Le Pixel Visual Core représente une évolution de la photographie computationnelle avec une union entre le hardware et le software qui promet des étincelles.

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Le Pixel Visual Core dans toute sa splendeur. © Google

Cette puce est composée d'un noyau Cortex-A53 associé à de la RAM LPDDR4 et des lignes PCI pour un échange de données rapide avec le reste du hardware. En plus de ce noyau unique, il y a 8 IPU (Image Processing Unit), chacune avec 512 ALU (Arithmetic Logic Unit). Ces IPU sont incroyablement puissants et peuvent chacun exécuter 3 trillions d'opérations par seconde. On peut penser à cette puce comme une implémentation spéciale des NPU, dédiée à la photographie.

Cette technologie présente sur tous les Pixel 2 sur le marché ne sera activée qu'avec la bêta d’Android Oreo 8.1

L'architecture de cette puce permet de garantir un HDR+ cinq fois plus rapide et de consommer un dixième de l'énergie par rapport au processeur principal (dans ce cas, le Snapdragon 835 de Qualcomm). Le Pixel Visual Core a une structure très spéciale et la programmation n'est pas simple : il faut utiliser un mélange entre le langage Halide pour le traitement d'image et Tensor Flow Mobile pour l'apprentissage automatique. Tout est envoyé à un compilateur spécialement conçu par Google pour optimiser le logiciel afin de tirer le meilleur parti de cette puce.

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Les deux photos sont prises avec un Pixel 2 et un appareil photo tiers. A gauche la photo normale, à droite la photo avec la fonctionnalité HDR+ du Pixel Visual Core. © Google

La chose la plus intéressante est que Google n'exploite pas encore cette technologie sur tous les Pixel 2 sur le marché, et elle ne sera activée qu'avec la bêta d’Android Oreo 8.1 (MR1) qui sortira dans les prochaines semaines. Elle sera évidemment améliorée et, aux dires de Google, l'utilisation du Pixel Visual Core pour le HDR+ n’en est qu’à ses débuts. Le but est d'ouvrir ce noyau au développement d'applications tierces via des API pour l’appareil photo, mais cela se fera progressivement dans un futur proche.

La présence d'une puce dédiée est l'une des implémentations que les différents fabricants tentent cette année. Huawei a inclus un NPU dans son Kirin 970 il est d'ailleurs exploité pour la photographie, mais il n’est pas le seul. Apple a également choisi une approche similaire avec son Apple A11 bionic et son NPU general purpose auquel du code peut être transmis rapidement. L'avenir des smartphones n'est plus simplement dans le hardware mais dans la meilleure intégration et l'utilisation plus efficace de l'intelligence artificielle.

 

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Le Kirin 970 du nouveau Huawei Mate 10 Pro dispose d'un NPU qui est également utilisé par l'appareil photo. Nous verrons comment il se comportera dans nos tests. © AndroidPIT

Contrairement aux autres, Google a cependant décidé de consacrer sa puce à la photographie et pour l'instant aucune autre utilisation n'est prévue, même si les choses peuvent changer à l'avenir. Nous verrons ce qu'il adviendra lors de la sortie d'Android 8.1, et si nous pourrons réellement noter une différence dans la qualité des photos, la vitesse de prise de vue et la consommation d'énergie.

La nouvelle limite de ces puces dédiées est l’imagination des fabricants, et les utilisations peuvent être très variées.

Le match entre les fabricants est à nouveau intéressant, et cette différenciation dans les usages rend la compétition encore plus difficile sur un marché qui voit maintenant l'arrivée de smartphones identiques et sans véritables innovations. La nouvelle limite de ces puces dédiées est l’imagination des fabricants et les utilisations peuvent être très variées. Chaque fabricant fait ses propres paris et seul l'avenir nous dira qui saura s'en sortir le mieux.

Trouvez-vous également que les choses deviennent enfin intéressantes sur le marché des haut de gamme ou trouvez-vous que ces solutions sont uniquement des choix marketing ? Faites-nous savoir quelle est votre opinion dans les commentaires.

4 Commentaires

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  • Oui, ce sont des choix marketing mais, pour une fois, dans le bon sens du terme.
    Pour moi, cette intelligence artificielle pallie plutôt le manque de connaissance du domaine (et les insuffisance de la photo numérique : latitude de pose bien plus faible qu'en argentique principalement) photo plutôt qu'elle n'ouvre de véritables perspectives d'amélioration réelle.

    La force de calcul des processeurs est utilisée, intelligemment incontestablement par Google ou par d'autres, pour permettre à un individu quelconque n'ayant que peu ou pas de connaissance des processus de l'exposition photo et de notions esthétiques propre au domaine pour lui permettre de réaliser avec un maximum de réussite ce qu'un amateur avec une bonne pratique ne réussit pas à tous les coups.

    Ensuite, on peut se poser la question : est-ce que le fait de confier à un processus automatisé la réussite d'une image est un progrès pour cette personne ? Personnellement, je n'en suis pas fatalement persuadé.
    L'inventivité personnelle n'en sort pas grandie mais la satisfaction instantanée du photographe bien plus...

    Ainsi, on aboutira bientôt à une standardisation du style photo imposée par les algorithmes plutôt qu'une créativité individuelle pour chacun.


    • Et pourquoi cela. Cela n'empêcher pas les meilleurs photographes, les plus fins aussi, d'être créatifs et d'en tirer de meilleures photos. Un sacré effet positif, quand même, est qu'on ne verra pas, à terme, d'horribles photos comme on en voit encore beaucoup, sous exposées, surexposées ou encore floues malgré les stablisateurs (j'en ai auprès de moi, ma mère pour ne pas la citer, très très mauvaise photographe, 1 photo sur 2 est ratée, je suis obligé de quasiment toutes les reprendre et le retoucher, les recadrer [et encore, je lui prête mon bridge milieu de gamme, avec son compact non stabilisé qui a 11 ans c'est encore pire]... pour son site internet que je lui ai crée sur Wix [elle donne des cours d'art floral]). Cela sera déjà un très grand progrès.


      • Le fantasme de l'exposition "correcte" correspondant à comment les algorithmes ont décidé de retenir comme les bons critères esthétiques seront, pour me répéter, très efficace pour améliorer très sensiblement la qualité globale du photographe lambda mais ne favorisera jamais la créativité individuelle et pire ne fera jamais comprendre comment s'améliorer.
        Je n'ai jamais pensé et écrit que cela soit complètement mauvais, je pense que c'est limitatif, vive le mode manuel !


      • Le gros problème c'est la fainéantise de beaucoup de personnes, qui ne veulent pas apprendre à faire des photos, se casser à tête à savoir comment prendre la photo, quel est le résultat voulu, quels réglages adopter (encore faut il le savoir), comment composer la photos, et veulent juste appuyer sur un bouton et que ça fasse tout tout seul (c'est du vécu, c'est le cas de ma mère, elle ne sait même pas se servir du zoom et ne l'utilise jamais, c'est pour dire, j'ai essayé de lui apprendre, mais j'ai laissé tomber c'est peine perdue... résultat, lorsque mon entreprise sera crée [événementiel, loisirs, médias] elle va y faire ses cours, mais pour les photos j'y enverrai notre photographe [je vais en embaucher un] et il fera les photos, au moins elles seront réussies...)

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