Nous utilisons les cookies sur ce site pour améliorer votre expérience utilisateur. OK

 apple destruction

 

Hier, l'International Trade Commission rendait son jugement dans l'affaire Apple vs HTC et choisissait d'interdire la vente des smartphones taïwanais, jugeant que HTC avait violé l'un des brevets invoqués par Apple. Sanction : l'interdiction pure et simple d'importer des téléphones utilisant le brevet 647, qui permet dans un texto ou un message électronique de rendre une adresse e-mail ou un téléphone actifs et réutilisables.

Cette décision de justice n'est que le début d'une guerre sans merci que Apple mène depuis avril 2011 contre Android. Ajoutant une victoire de plus à son tableau de chasse, Apple se rapproche d'une victoire qui bouleverserait le champ de l'innovation mobile, entraînant une lente mort de l'industrie des smartphones. Constructeurs, consommateurs, économie mondiale et à moyen terme, la marque à la Pomme elle-même : ces petites guerres finiront par blesser la chaîne entière.

Bien sûr, Apple a tous les droits et les raisons de vouloir terrasser la compétition. Mais la bataille devrait avoir lieu sur le marché et pas à travers le système judiciaire. En traînant ses adversaires devant les tribunaux, Apple fait obstacle au droit à la concurrence et retire au consommateur son droit de choisir.

Si Apple voulait réellement mener un combat équitable, ils continueraient à créer des appareils innovants et compétitifs. Évidemment, cela n'entraînerait pas la mort d'Android, qui est maintenant trop établi, et qui a d'ailleurs dépassé Apple en taux d'équipements en France en 2011. La solution de rechange ? Des procès à répétition.

Mais pourquoi Apple veut-il si férocement se lancer dans ces batailles juridiques ? Pourquoi exploiter ce filon du viol des brevets ? Pour comprendre partiellement les raisons, il faut retourner en 1994, année durant laquelle Apple perd un procès crucial contre Microsoft et HP. La sanction est rude : on leur interdit l'exportation d'ordinateurs avec une interface graphique utilisateur qui porterait le nom de « bureau ». Apple argumenta que leurs copyrights étaient valides, mais le tribunal décida qu'ils ne méritaient pas d'être brevetés.

C'est donc pour ça que, lors de la sortie du premier iPhone, Jobs a bien veillé à breveter l'appareil sous toutes ses coutures, et c'est ce qui a entraîné cette guerre des brevets que nous connaissons aujourd'hui. Je ne dis pas que l'iPhone n'a pas été à un moment innovant – à sa sortie, c'était un produit extraordinaire. Mais il n'est pas vraiment clair que le brevet qu'Apple réclame à HTC fasse partie de l'une de ses innovations. Il n'est pas sûr que les ingénieurs d'Apple aient eu l'idée les premiers, même si ce sont eux qui l'ont intégré dans un téléphone et c'est sur ce vide juridique que les décisions vont se prendre.


De la même façon, lorsqu'Apple ordonne à Samsung de faire des tablettes qui ne soient pas noires, rectangulaires ou plates, ils s'attribuent le mérite d'un design qui n'est pas né chez eux.

Si Apple n'avait pas été attaqué en 1994, Steve Jobs n'aurait sans doute pas retrouvé son poste. Il n'aurait pas révolutionné l'ordinateur et il n'y aurait pas eu d'iPhone. Le challenge rend la compétition saine. Si Apple devient un monopole, on peut prédire les terribles conséquences que cela aura sur l'industrie, le client, la recherche et, enfin, sur Apple. Steve Jobs avait prévu de poursuivre sa bataille contre Android jusqu'à sa mort. Si Apple parvient à accomplir son sinistre projet, la compagnie américaine aura également réussi à s'amputer elle-même.

2 Commentaires

Ecrire un nouveau commentaire :
  • Espérons surtout que les tribunaux mettront fin à tout ce cirque. Tu as raison, tant de choses sont affectées : la libre concurrence, la liberté du consommateur ... Mais c'est vrai qu'on flotte dans un vide juridique pour le moment.

  • La concurrence est une saine émulation.
    Vouloir détruire la concurrence n'a rien de sain ou de positif pour l'économie de marché et pour le consommateur en général.
    Apple a vite oublié ce principe sous l'égide de Steve Jobs.
    Espérons qu'Apple l'oubliera vite.

Nous utilisons les cookies sur ce site pour améliorer votre expérience utilisateur. Plus d'informations

J'ai compris