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5 min de lecture 3 Commentaires

Comment Volkswagen travaille sur la voiture du futur

Malgré son nom "Hall 90b", cet endroit situé sur le site de production Volkswagen de Wolfsburg est bien plus qu'un simple hall et s'étend sur près de 50 kilomètres carrés. Le hall 90b, bâtiment moderne datant de 2014, est le cœur du développement électronique de VW dans lequel le groupe travaille sur la voiture du futur. Nous avons eu l'occasion d'y jeter un coup d'œil.

Electronics Development (EE, pour Elektronikentwicklung) fait partie du département Technical Development (TE, pour Technische Entwicklung) de Volkswagen. Près de 1 500 personnes y travaillent pour préparer l'avenir de la marque. Les trois grandes tendances sont la numérisation, la mise en réseau et les nouveaux concepts de mobilité. VW - comme beaucoup d'autres constructeurs automobiles classiques - veut passer du statut de simple constructeur automobile à celui de fournisseur complet en matière de déplacements, comme le souligne le directeur du développement, Rolf Zöller.

Ces trois domaines vont de pair. La voiture en réseau a besoin de beaucoup de technologie numérique et doit être connectée à Internet autant que possible. Comme cela ne peut être garanti, il est essentiel que les fonctions de base puissent également être utilisées hors ligne, c'est-à-dire intégrées dans le véhicule. On ne peut pas téléphoner sans réseau de téléphonie mobile mais c'est un fait accepté par les utilisateurs, a dit M. Zöller. Si une voiture devait s'arrêter parce qu'elle n'avait pas de connexion Internet, les choses seraient bien différentes.

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Rolf Zöller, directeur de VW, dirige le département EE à Wolfsburg / © Volkswagen

Les réseaux doivent grandir avec elle

Zöller souligne l'importance de l'évolution du réseau, particulièrement celui des communications mobiles et du nouveau standard : la 5G. Aux yeux du directeur de VW, les faiblesses de la couverture du réseau entravent le développement des technologies qui en dépendent.

En premier lieu, les développeurs qui travaillent sur les systèmes de cockpit doivent être prudents. Depuis des décennies, les gens se sont habitués aux boutons haptiques et aux boutons rotatifs et sont souvent capables de les utiliser à l'aveuglette. Avec les nouveaux systèmes tactiles, ce n'est pas le cas, et cela peut dissuader certaines personnes, surtout les personnes âgées. Cependant, les voitures neuves ne s'adressent pas non plus uniquement à la génération des smartphones, il est donc important de trouver le juste milieu.

Les programmeurs et les ingénieurs ne sont pas les seuls à avoir leur mot à dire dans le développement des éléments de commande. Des psychologues, des graphistes et de nombreux autres spécialistes sont également impliqués.

La réalité virtuelle est indispensable pour tester et expérimenter

Il est très appréciable de pouvoir désormais essayer beaucoup de choses et recueillir des avis sans avoir à construire des voitures entières. Les nouveaux écrans et éléments de commande peuvent être simulés dans un simulateur, grâce à des lunettes VR - Volkswagen s'appuie actuellement sur le HTC Vive Pro - différentes personnes peuvent les utiliser et leurs réactions sont bien évidemment analysées. Les experts regardent également si le conducteur ne roule pas de travers lorsqu'il travaille sur les commandes, ceci permet de jauger le niveau de sécurité.

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Tests avec des méthodes de pointe et des lunettes VR. © AndroidPIT

Un point important à l'avenir sera la présence d'assistants linguistiques dans la voiture. VW développe actuellement son propre copilote virtuel, qui non seulement aidera le conducteur à conduire le véhicule, mais le divertira également. Par exemple, dire "J'ai froid aux pieds" sera interprété par l'assistant comme une commande visant à contrôler le chauffage et la ventilation.

La mise en réseau des nombreux composants de la voiture est un défi asseze difficile. Des bancs d'essai sont prévus à cet effet dans le hall 90b, c'est là que l'électronique complète d'un véhicule est assemblée, depuis les lampes ou les éléments de commande jusqu'aux haut-parleurs de l'autoradio. Les composants individuels peuvent être contrôlés et échangés individuellement pour étudier les interactions. Ici, Volkswagen teste à la fois des véhicules entièrement neufs et des véhicules qui sont en série depuis longtemps. Nous ne sommes pas autorisés à montrer ces laboratoires d'essais en images.

Ceci s'explique facilement : il y a toujours des prototypes de véhicules neufs dans ces salles de Volkswagen. S'ils apparaissent avant la présentation prévue ou si la concurrence arrive à les voir, les conséquences peuvent se chiffrer en millions. Ces véhicules sont donc généralement dissimulés ou rendus méconnaissables, même dans les laboratoires et les ateliers.

La voiture n'est qu'une partie de l'offre

De nombreux constructeurs ont une chose en commun : ils ne voient la voiture que comme une partie de l'offre. Volkswagen, par exemple, souhaite intégrer la voiture, les transports publics, les vélos, les véhicules de location ou les piétons dans un système de guidage routier complet. Plus il y en a, mieux c'est pour la marque.

Pour la suite, Volkswagen a surtout besoin d'une chose : des esprits brillants. Selon M. Zöller, la demande d'ingénieurs et d'informaticiens va décupler en trois ans. Ils sont donc toujours à la recherche de personnel qualifié pour faire avancer le développement dans le hall 90b.

3 Commentaires

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  • Voiture du futur ? ça c'est vite dit... le futur sera plutôt à la voiture à hydrogène, mais ça sera lorsque nous (humains) sauront produire de l'hydrogène de manière non polluante en quantité industrielle et de manière peu onéreuse. Et réduire aussi le coût de des véhicules, aujourd'hui prohibitif (tellement d'ailleurs qu'elles sont aujourd'hui vendues à perte, elle sont donc plus aujourd'hui un objectif de démonstration de la technologie) du fait du coût des batteries au platine (un industriel a annoncé il y a peu un procédé réduisant drastiquement la quantité de batterie, c'est déjà cela...), la technologie ne sera valable que lorsque ces véhicules sauront être produits et vendus pour un prix inférieur ou égal aux véhicules thermiques actuels... autant dire que ce n'est pas pour tout de suite, je dirai bien pas avant 10 ans, au minimum...


    • Myk depuis 3 semaines Lien du commentaire

      Euuuu tu es au courant que la voiture à hydrogène c'est une voiture électrique ?
      Le moteur à hydrogène produit de l'électricité qui alimente une petite batterie, qui mue la voiture !

      Donc pour toi l'avenir c'est faire une électrolyse de l'eau, pour avoir un gaz qu'il faut transporter par camion aux stations services.. Pour alimenter une voiture qui va refaire de l'électricité pour alimenter une voiture...


  • louis hory depuis 3 semaines Lien du commentaire

    Excusez-moi mais je vais répéter ce que j'ai rappelé il y a peu de temps, les véhicules individuels et donc la mobilité telle qu'on la connaît en agglomération aujourd'hui n'est plus adaptée aux besoins de ses utilisateurs.

    Trop de stress, trop de contraintes, trop de temps perdu pour ne pas chercher à tout remettre à plat et démarrer d'une page blanche afin d'éviter l'amoncellement d'incohérences que représente la mobilité actuelle.

    D'où la nécessité de faire travailler ensemble tout un ensemble de spécialistes qui connaissent tous les paramètres aussi bien techniques, urbains et sociologiques pour mieux imaginer des solutions satisfaisantes.