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Reporters sans frontières : les journalistes travaillent dans un climat de peur

Reporters sans frontières : les journalistes travaillent dans un climat de peur

Les professionnels des médias en Europe et aux États-Unis éprouvent de plus en plus de difficultés. C'est du moins ce qu'indique un récent rapport de Reporters sans frontières : il parle d'un "climat de peur" dans le monde entier.

2017 était une triste année pour le journalisme, 2018 n'a pas été mieux. La situation s'est même aggravée dans des régions qui étaient auparavant considérées comme sûres selon les normes mondiales. L'une des régions où la situation s'est le plus détériorée est l'Europe, mais les Etats-Unis ont également glissé encore plus bas dans le classement. La France a cependant gagné une place, mais elle se trouve à la 32e place du classement, loin derrière l'Allemagne (13e) et les pays scandinaves qui forment le peloton de tête. L'absence d'évolution s'explique notamment par le "niveau inédit de violences lors des manifestations de 'gilets jaunes' en France [...] au point que nombre d'équipes de télévision n'osent plus afficher leur logo ni couvrir les manifestations sans être accompagnées de gardes du corps".

Katja Gloger, porte-parole du conseil d'administration de Reporters sans frontières explique ces résultats.

"En Europe, la diffamation ciblée et les campagnes agressives, parfois incendiaires, menées par des politiciens populistes contre les médias conduisent à une véritable violence, par exemple en Serbie, candidate à l'adhésion à l'UE, ainsi qu'en République tchèque. Quiconque fait des journalistes des boucs émissaires des griefs sociaux prépare le terrain pour des agressions, des assassinats et même des meurtres".

Aux Etats-Unis, l'agitation avec laquelle le président Donald Trump s'en est pris aux médias depuis son investiture a eu un effet négatif, poursuit-il. Les journalistes qui qualifient Trump d'" ennemi du peuple " n'ont jamais reçu autant de menaces de mort et d'attentats qu'en 2018. En Allemagne, 22 agressions de journalistes ont été enregistrées l'année précédente. Ces attaques ont surtout été observées en marge des événements populistes de droite.

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Surtout en Europe et aux Etats-Unis, la liberté de la presse a diminué. (vue agrandie) / © Reporters sans frontières

La Scandinavie est le leader, les dictatures ferment la marche

En tête du classement pour la troisième fois consécutive, on retrouve la Norvège, suivie de la Finlande et de la Suède. Il n'est pas surprenant que des pays sous dictature comme le Turkménistan (180e rang), la Corée du Nord (179e rang) et l'Érythrée (178e rang) se situent au bas de ce classement. L'organisation conclut que "L'agitation systématique contre les journalistes a conduit les professionnels des médias à travailler de plus en plus dans un climat de peur".

Le rapport complet, ainsi que le classement de la Liberté de la presse 2019, sont disponibles sur le site web de l'organisation.

Que pensez-vous des résultats du rapport ? Pensez-vous aussi qu'il y a une ruée croissante contre les médias dans ce pays ? Ou peut-être êtes-vous vous-même un journaliste actif et pouvez confirmer ces résultats ?

Via : Heise Source : Reporter ohne Grenzen

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6 Commentaires

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  • HFE depuis 7 mois Lien du commentaire

    Et les violences policières en France à l'égard de journalistes, matraquages, casses de matériels photo ou vidéo etc, Il faut en parler...


  • phil depuis 7 mois Lien du commentaire

    Perso, j'ai beaucoup d'admiration pour les journalistes extérieures à leur pays, surtout quand ledit pays est en conflit, certain reportage sont quand même couillu si je puis dire.

    Après qu'une dictature n'aime pas les journalistes, cela n'étonnera personne je pense à moins de vivre dans une grotte...


  • Je crois d'abord que cet article a été écrit par un journaliste qui défend (logiquement) sa corporation, il ne faut pas oublier de le signaler, cela a son importance.

    Si l'on a un point de vue extérieur, on peut avoir un avis quand même assez différent...
    Il ne s'agit pas de nier que les journalistes ne sont pas sous la pression du public ou des politiques mais j'aurais fortement apprécié une analyse un peu plus sérieuse et précise de la situation.

    Je ne dirais jamais que le traitement journalistique réservé aux manifestants depuis les manifs sur les lois Travail (dites lois El Khomri-Macron) sont un exemple pour la profession.

    Par contre, elles ont permis à beaucoup de citoyens qui y ont participé de comprendre le parti pris des principaux médias (télés, radio, journaux) qui ont démontré leur connivence avec les pouvoirs en place (à quelques très rares exceptions près)
    Il suffit de constater dans les derniers sondages la baisse préoccupante de leur crédibilité qui, pour moi, représente les conséquences de ces faits.

    Si l'on sait à qui appartient, aujourd'hui, les principaux médias (que des milliardaires, chefs d'entreprises multinationales) on comprend mieux pourquoi.
    Mais pour être aussi équilibré que possible dans mon jugement, il faut expliquer que Facebook et Google drainent 80 % de la pub en France.
    La faute à qui ? Peut-être pas aux manifestants... ni aux journalistes précaires, il y en a de plus en plus. Mais il reste que des très mauvaises décisions ont été prises par des soit-disant responsables (et jamais vraiment sanctionnées !)

    Une petite pour la route... Robert Ménard, co-fondateur et ancien président de Reporters Sans Frontières (dont il est question ici) est aujourd'hui maire de Béziers et apparenté Front National. Je précise que la nouvelle direction de RSF s'est désolidarisée de son ancien leader.

    Alors voir le mal d'un seul côté me paraît malgré tout pas le meilleur service à rendre à la vérité et à la réalité !

    Je ne crois pas que David Dufresne, le journaliste indépendant, qui a enquêté sur les récentes bavures policières (plusieurs centaines...) dans les manifs de gilets jaunes me contredirait.


    • Louis

      Je ne vois pas trop le rapport entre gillets jaunes et liberté de la presse.
      Tu fais quand même régulièrement des raccourcis qui t'arrange...


  • Triste époque...et en même temps, quand on voit ce qu'est devenu l'ancien fondateur de RSF, ça laisse circonspect...

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