Nous utilisons des cookies sur nos sites web. Des informations sur les cookies et sur la manière dont vous pouvez vous opposer à leur utilisation à tout moment ou mettre fin à leur utilisation sont disponibles dans notre Déclaration de protection des données.

Guerre commerciale USA/Chine : quelles conséquences pour l'Europe ?

Guerre commerciale USA/Chine : quelles conséquences pour l'Europe ?

Depuis 2018, les Etats-Unis et la Chine mènent une guerre qui monte crescendo. Ces dernières semaines, les tensions se sont accrues. Quelles sont les conséquences pour l’Europe ?

L’historique commence à être long. Depuis 2018, les Etats-Unis et la Chine mènent une guerre commerciale lente et sournoise. Les choses se sont accélérées en mai dernier avec le décret de Donald Trump interdisant aux entreprises de télécommunications américaines de travailler avec du matériel chinois. Ce week-end la Chine a riposté. Les conséquences pour le Vieux continent s’annoncent lourdes… Les voici.

Toute une économie européenne impactée

Bien évidemment, l’ascension des taxes douanières entre la Chine et les Etats-Unis impacte très fortement l’économie des deux pays. Mais l’impact s’étend depuis un certain temps à l’économie de toute l’Europe, elle devient un peu l’enfant de parents divorcés et subit les conséquences directes de la décision de papa USA et maman Chine.

trump pointing
L'Europe pâtit des décisions économiques et politiques prisent par les Etats-Unis et la Chine. © CNN

On le sait, Les Etats-Unis et la Chine sont deux des plus grandes puissances économiques du globe. Si ce ne sont les deux plus grandes. Et lorsque la guerre commerciale a officiellement été déclarée, c’est toute l’économie mondiale qui frémit.

Des scénarios répétitifs

Simple exemple, le jeudi 23 mai, lorsque Donald Trump accusait Huawei d’avoir des liens avec les autorités chinoises, qui, elles, accusaient les Etats-Unis de harcèlement contre le constructeur chinois, la bourse de Paris reculait de 1,81%, tendance similaire à New-York et Hong Kong.

EU flaggs hero
Les marchés économiques européens chutent à chaque situation de crise. © Metro

Même scénario juste après l’annonce corsée de la Chine, le premier week-end de juin, qui rejetait la responsabilité de l'échec des discussions commerciale sur Washington, et annonçait à son tour un embargo sur certains matériaux, l’augmentation de taxes douanières et bien sur une “liste noire” d’entreprises étrangères. Le lundi matin, toutes les bourses européennes étaient dans le rouge ! Une note des experts de Mirabaud Securities Genève soulignait d’ailleurs  :

«Les indices européens sont en baisse ce matin dans le sillage de la clôture des marchés américains vendredi soir. Si on pensait que le week-end pourrait porter conseil, cela ne semble pas avoir été le cas puisque la Chine a accusé dimanche les Etats-Unis d’être responsables de l’impasse dans les négociations commerciales entre les deux pays (...) Ambiance, ambiance...»

Le Vieux Continent dépendant

Alors cela veut-il donc dire que Washington et Pékin sont les policiers du monde ? Il semblerait. Une décision politique du bureau ovale ou du gouvernement chinois, visant directement ou indirectement l’économie des deux pays, impacte d’une manière ou d’une autre l’économie mondiale. Alors, quelles sont les perspectives pour l’Europe ? Le Vieux Continent a-t-il des solutions pour ne pas être un dommage collatéral de ces tensions entre Est et Ouest ?

Économiquement il semble que l’on soit assez dépendant. Mais qu’en est-il de la commercialisation de smartphones et de système d’exploitation ?

IMG 20190513 085920
Peut-on vivre sans Apple, Google ou Huawei ?  © AndroidPIT

On ne va pas se le cacher, nos téléphones aussi vont pâtir de la guerre commerciale. Peut être même qu’un jour, on vous demandera de choisir votre camp lors de l'achat de votre futur téléphone. Vous aurez le choix entre : un téléphone 100% américain avec un système d’exploitation américain (les Pixels de Google ou les iPhones d’Apple, par exemple) ou un téléphone 100% chinois avec un système d’exploitation chinois, comme Huawei s’apprêterait à faire, ou encore un smartphone "hybride" comme en propose Samsung, LG, Acer etc, qui utilisent actuellement celui de Google. Avons-nous une alternative 100% européenne? La réponses est non.

Quelle solution technique pour devenir indépendant ?

A date, nous n’avons aucun téléphone européen avec un système d’exploitation européen. Cela n’existe pas. Si aucun système d'exploitation européen n'est sur le marché aujourd’hui, du côté des constructeurs, il n'en reste (en théorie) plus qu'un seul : le finlandais Nokia. 

Est-ce que la situation actuelle va faire émerger de nouveau constructeurs sur le continent européen ? Allons-nous voir apparaître de nouveaux OS ? C'est une question que l'on peut se poser.

Et vous, que pensez vous de la situation européenne au milieu de ce conflit sino-américain ? 

Source : Le Figaro

Articles recommandés

16 Commentaires

Ecrire un nouveau commentaire :
Tous les changements seront sauvegardés. Aucun brouillon n'est enregistré pendant l'édition
Ecrire un nouveau commentaire :
Tous les changements seront sauvegardés. Aucun brouillon n'est enregistré pendant l'édition

  • Il faudrait y ajouter les 55 milliards d'euros de coûts supplémentaires de la 5G liés à l'absence de Huawei. Ce qui repousserait la vulgarisation de cette technologie et un prix plus élevé pour les forfaits 5G.


    • Exact, j'ai vu ça ailleurs. Et en plus cela va en retarder le déploiement en Europe de 18 mois selon les prévisions :(
      Bon, chose positive, cela va laisser plus de temps pour faire les études sur sa nocivité éventuelle sur les hommes, les animaux, les insectes... et peut être éviter des " catastrophes "


  • l'Europe est une bonne idée mais les identités sont trop forte pour avoir une vrai fédération. Et comme il n'y a pas de pouvoir concentrer il n'y aura jamais d'ordre.
    on ne peut pas espérer faire aussi bien que les États unis ou la Chine si on n'est jamais d'accord sur rien.

    De plus il n'existe pas de boîte Européenne qui est les ressources et la puissance nécessaire pour développer et promouvoir un nouvel OS.

    plus le retard en applications signerai sa mort comme Windows mobile est mort malgré les milliards que Microsoft a jetté dedans.


    • La seule solution, si l'on souhaite une solution OS Européenne forte, c'est de faciliter l'émergence d'un géant européen de l'informatique, capable de rivaliser avec les GAFA et les BATX (mais ça l'Europe ne le permet pas actuellement, son obsession étant plutôt de démanteler les géants de taille mondiale qui existent encore pour raison de monopole), géant qui devrait concevoir un OS compatible avec les applications Android, seule façon de'éviter l'écueil du manque d'applications, donc un fork d'Android basé sur sur la version open source.
      On a bien actuellement Qwant en Europe, mais il ne deviendra jamais un géant capable de rivaliser, à moins que l'Europe ne prenne les bonnes décisions pour favoriser une croissance très rapide et qu'il devienne un géant capable de rivaliser et de fournir des solutions capables de rivaliser d'égal à égal, mais ça je n'y crois pas, hélas. Il faudrait pour cela un changement total et radical de mentalité chez les technocrates qui dirigent l'Europe.


  • L'Europe communautaire n'a jamais su se considérer comme une puissance économique dominante malgré la capacité de son marché domestique, de sa puissance industrielle et sa monnaie unique.
    La faute en vient, en grande partie, à l'influence des pays majeurs, la France et l'Allemagne, qui veulent imposer leurs visions personnelles aux autres États et le fait que l'Union n'est pas qu'un seul État.

    Tant que cet ensemble de pays ne sera acquis au fédéralisme, c'est-à-dire j..., la question de la puissance économique européenne restera une belle idée irréaliste.
    Si l'Europe se pensait comme une puissance à respecter elle ne s'appuierait plus sur la puissance armée des USA mais sur ses propres forces.

    A partir de ce constat, la capacité européenne se déduit et se réduit, malheureusement trop facilement, comme une impuissance dans sa capacité à se libérer des injonctions externes (Chine ou États-Unis) au niveau économique mais aussi diplomatique (l'essai de réaction française vis-à-vis de la guerre civile irakienne en est un exemple sanglant)
    Sa monnaie n'est pas reconnue dans les échanges internationaux et, cette fois, la faute est plus à voir de l'autre côté de la Manche que pour les deux précités.

    La solution au problème posé passe d'abord par sa volonté de s'imposer en tant que puissance économique majeure... et unie.
    On en est pas là, malheureusement !


    • Louis

      "Si l'Europe se pensait comme une puissance à respecter elle ne s'appuierait plus sur la puissance armée des USA mais sur ses
      propres forces."
      Je suis très étonné de lire ça, selon toi la Corée du Nord mérite donc d'être respectée ?
      La quasi majorité des pays de l'OTAN sont européens, c'est peu dire que l'histoire contemporaine des usa et de l'Europe est intimement liée, nos modèles politiques et diplomatiques sont sensiblement les mêmes.
      Concernant le rôle de la France et de l'Allemagne en Europe, je les considère plus comme des moteurs, à l'origine de nombreuses décisions pro Européennes bénéfiques pour tous. On ne peut pas occulter le poids économique des deux pays...
      Les états units fonctionnent sur le même principe, la Californie a un PIB supérieur à celui de la France et l'état de New York largement supérieur à celui de la Russie.
      Le poids institutionnel de ces deux états est forcément différent des autres... comme en Europe.


      • @ benoit

        Si j'étais un Coréen du Nord, j'aimerais être respecté comme ce que je suis... c'est-à-dire de la même manière qu'un habitant d'une démocratie occidentale.
        Ce qui fais pas de moi pour autant un supporter de l'affreux despote nord-coréen.

        Quant à l'Histoire qui lie les États-Unis à l'Europe libérée du joug nazi, je ne l'oublie pas et je la compare même à ce que les mêmes habitants des USA ont du subir sous la domination anglaise à la fin du XVIIIème siècle avant la guerre d'Indépendance dans le sens où la misère qui y existait pourrait très facilement se comparer à la situation sociale moyenne d'un Nord-coréen d'aujourd'hui, je mets à part, bien entendu, le régime dictatorial qui y règne.
        Si cet épisode de l'Histoire est très peu connu, il n'empêche qu'il ne relève pas d'une hallucination collective...
        Alors évidemment et malheureusement, le roi de France n'est pas intervenu pour la sauvegarde d'un peuple opprimé mais bien plus sûrement pour défendre ses propres intérêts... opposés à ceux de l'Angleterre, déjà 😉

        En clair, je suis pour l'émancipation des peuples non pas par opportunisme bien senti mais systématiquement et sans condition !

        Ce qui nous rapproche évidemment des États-Unis ne doit pas masquer le besoin de liberté de choix des peuples NI les intérêts des différents pays.

        Bien sûr, je préfère être espionné par un système qui se rapproche de la démocratie plutôt que par un autre qui possède d'autres valeurs non compatibles avec une démocratie libérale telles que généralement l'Europe les réclame aux nouveaux pays entrants dans l'UE.
        Mais à bien réfléchir, je préfère NE PAS DU TOUT être espionné...
        Ce qui explique mon choix qui t'a semblé troublant.

        Alors tu pourra toujours répliqué que la diplomatie est faite de compromis.
        Mais personnellement, j'aime quand elle faite sans compromission et avec une vision à long terme, contrairement à ce monde dominé par des idées économiques néo- et sinon ultra-libérales qui justement est incapable de "voir plus loin que le bout de son nez" et sans véritable sens politique à long terme qui nous entraînent vers une implosion fatidique si nous ne changeons très rapidement de système de pensée.


      • Louis

        Je parlais de l'état militaire nord coréen évidemment, pas du peuple...


      • @ benoit

        Ça va mieux en le précisant 😉


    • Sans parler de devenir une puissance économique dominante, il s'agirait déjà de bâtir une Europe capable de parler de rivaliser au niveau puissance économique, militaire et technologique et de pouvoir parler d'égal à égal avec les USA et la Chine, et ça on en est loin, hélas. Et je n'ai pas l'impression que ça soit la volonté commune des états Européens, certains n'ayant pas encore, visiblement, réalisé cette nécessité impérieuse, s'il n'est pas déjà trop tard :(


      • C'est la volonté des états forts dans l'EU (Allemagne et France principalement) qui domine les choix stratégiques que cette même Europe devrait s'imposer pour conquérir sa liberté et son indépendance.


      • B&M depuis 5 mois Lien du commentaire

        Bonjour à vous tous .
        Je suis le seul à voir que notre cher Europe s'enfonce et va malheureusement couler !!!
        L'Europe, à voulu dépasser les USA.
        Le résultat, nous le constatons tous aujourd’hui, Plan de rigueur, dégringolade, etc... etc...
        Ouvrons les yeux, l'Europe s'écroule malheureusement !!!


      • Non, tu n'es pas le seul.

        Mais quand à chaque fois que je lis Europe dans un texte c'est pour dire Union Européenne... et quand on parle des choses qui vont mal.

        L'Europe (unie) est une grande idée et pas récente (depuis la guerre de 30 ans et le traité de Westphalie)

        L'Union Européenne est en train d'échouer donc une idée qui a capoté... pour les idées développées plus haut !


      • B&M

        Penser que l'Europe s'écroule parce qu'elle n'a pas de poids dans les télécommunications est réducteur.
        Les délocalisations ont aussi lieu vers l'Europe de l'est. La Pologne a des infrastructures industrielles flambant neuves, la Slovaquie aussi, surtout dans l'automobile.
        Regardons ce qui se passe ailleurs, la Chine aussi délocalise...
        L'histoire nous a montré, comme en Belgique par exemple avec la Flandre et la Wallonie, que les régions sinistrées d'hier peuvent demain être de véritables moteurs.


      • @ benoit

        Je suis assez sceptique sur les délocalisations de l'industrie allemande.

        C'est justement dans ces pays que se développe le plus les sentiments hostiles aux migrants car la précarité de cette main-d’œuvre travaillant en sous-traitance de l'industrie allemande craint son remplacement par ces nouveaux venus ou prétendus.

        Je sais aussi que l'Europe centrale n'a pas connu assez longtemps la démocratie libérale (au sens politique évidemment) pour savoir mieux apprécier ses bienfaits et chaque fois qu'un parti dit communiste se présente aux élections, il remporte un succès guère compatible avec les ravages provoqués dans le passé.
        La nostalgie peut être mensongère en ce sens qu'elle ne fait remonter que le meilleur (oui, il y en a eu aussi...)

        La Wallonie comme moteur ? les p'tis gars de Verviers ou des tristes banlieues autour de Bruxelles partis en Syrie peuvent nourrir quelques doutes...
        Mais la Flandre, oui !


      • Louis

        La Wallonie pour son riche mais lointain passé industriel dans la métallurgie, et la Flandre d'aujourd'hui pour tout le reste...😉

Ecrire un nouveau commentaire :
Tous les changements seront sauvegardés. Aucun brouillon n'est enregistré pendant l'édition