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Opinion 5 min de lecture 4 Commentaires

Facebook joue la carte de la communication... et cela ne change rien

En mettant à jour ses conditions d'utilisation afin de proposer plus de clarté et, surtout, plus de transparence, Facebook entend regagner la confiance des utilisateurs après avoir essuyé une tempête médiatique suite à des vols de données privées. Ceci dit, la goutte d'eau de Cambridge Analytica a fait déborder un vase déjà plein : Facebook a encore du travail pour trouver grâce à mes yeux.

Résumé des épisodes précédents : données privées, Cambridge Analytica & Co

Que vous soyez un utilisateur de Facebook ou non, vous avez très probablement déjà entendu parler de Facebook et sa conception des données privées. Le géant américain apprend à vous connaître grâce à vos interactions sur le réseau et grâce aux données que vous y entrez, ce qui lui permet ensuite de cibler ses publicités afin d'améliorer les chances de vous faire cliquer dessus. Il y a encore quelques années, une étude effectuée à l'université de Cambridge avait même estimé que Facebook arrive à vous connaître mieux que votre propre famille. En bref, l'acquisition d'autant de données précises sur les utilisateurs en effraye plus d'un.

Les choses ne sont pas sur le point de changer puisque récemment une entreprise du nom de Cambridge Analytica (qui n'a aucun lien avec l'université de Cambridge) a réussi à obtenir ("siphonner" serait peut-être un terme plus exact) des informations sur plusieurs millions d'utilisateurs. A l'origine estimé à 50 millions, ce nombre a aujourd'hui été confirmé par Facebook : il s'agit de 87 millions d'utilisateurs. Cette entreprise ayant participé à la campagne présidentielle de Donald Trump, des suspicions sur l'utilisation de ces données ont vite été émises, mais cela est un autre sujet.

AndroidPIT Facebook app vs facebook lite
L'application Facebook ? Non merci. © AndroidPIT

Que propose Facebook ?

Si Cambridge Analytica a réussi à obtenir ces données privées, c'est par la faute de Facebook. Non pas parce qu'il les leur a données de plein gré mais parce que Cambridge Analytica a exploité une caractéristique de Facebook de l'époque : les applications pouvaient accéder aux données des amis en plus des données de l'utilisateur. Facebook désire donc redorer son blason, déjà entâché par bien d'autres histoires et ses tentatives pour améliorer la situation ne se sont pas avérées fructueuses jusqu'à présent.

Ainsi, Facebook a actualisé ses conditions d'utilisation afin de se montrer plus clair et plus transparent. Il explique donc sur sa plateforme de communication quels changements il a effectué, les principaux étant les suivants : davantage d'explications sur le contrôle des données (soulignant explicitement qu'il ne les vend pas) et sur la publicité, sur le partage de données avec ses autres grands services (WhatsApp et Oculus), sur sa manière de régler les problèmes de son réseau social... En bref, des mots qui ont pour vocation de rassurer l'utilisateur et pour le convaincre de continuer à utiliser le service après toute une vague médiatique sur tous les journaux, invitant souvent les utilisateurs à supprimer leurs comptes.

Est-ce suffisant ?

J'avais expliqué voilà près de 2 ans pourquoi je n'utilise pas Facebook sur smartphone, aujourd'hui je vais m'exprimer sur la plateforme elle-même. Quelques mots rapides sur l'affaire du "Facebook Gate" avec Cambridge Analytica : j'y vois essentiellement 3 problèmes.

  • Le paradoxe de la stratégie d'acquisition de données privées pour cibler les publicités. C'est le prix du gratuit, ou le "nouveau gratuit" comme on l'appelle parfois, où on s'intéresse à votre personne pour vous embêter avec des publicités. Bien sûr, on n'est pas obligé d'acheter mais le concept dérange plus que l'aspect pratique, et bien sûr ce n'est pas propre à Facebook puisque cette solution est utilisée par une grande majorité des acteurs du web. Ce procédé est assez paradoxal puisque d'un côté personne ne veut payer, nous sommes dans l'ère du "tout gratuit" sur Internet, mais d'un autre côté personne ne veut de publicités (ni d'exploitation des données privées). Que ceux qui ont une solution lèvent la main !
  • Facebook n'a pas été en mesure de protéger ces données privées.
  • Ces données donnent du pouvoir à celui qui veut les utiliser.

Pour ce qui est de Facebook, j'aimerais souligner quelque chose qui m'a marqué lorsque j'ai lu le rapport de l'entreprise. Il y explique les principaux changements mais le premier de la liste ne concerne absolument pas le thème des données privées mais plutôt ses nouvelles fonctionnalités qui sont sa Marketplace (plateforme d'achat/vente) etc. En bref, de la publicité pour ses services les moins connus dès le début, au cas où les lecteurs ne lisent que les 2 ou 3 premiers points.

Voilà déjà longtemps que Facebook promet plus de transparence et il a fallu qu'un scandale arrive pour qu'il se décide à faire un peu plus le ménage. Cela ne change pas la situation, et Facebook a lui-même reconnu le problème. A celui-ci s'ajoutent bien d'autres encore : les insultes homophobes, xénophobes, misogynes et bien d'autres, la publication de contenu illicite, les communications illégales (et immorales) amenant des rencontres problématiques, etc. Il y a encore de nombreuses choses à dire sur le sujet mais un seul article ne suffirait pas.

Pour résumer, je vous invite à lire un article que j'avais écrit en 2016 et qui est aujourd'hui toujours d'actualité : méfiez-vous de Facebook.

Utilisez-vous Facebook de manière active ? Est-ce que le scandale de Cambridge Analytica vous a gêné ?

4 Commentaires

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Tous les changements seront sauvegardés. Aucun brouillon n'est enregistré pendant l'édition

  • Pas de soucis pour moi, rien à cacher. Le problème n'est pas ce que Facebook avec nous, c'est ce que nous faisons avec Facebook.


  • Ce qui me gêne dans les réseaux sociaux c'est l'impossibilité matérielle de savoir TOUT ce que peut en faire l'entreprise qui acquiert ses données personnelles que l'on peut livrer spontanément d'autant que chacun se doute qu'il cherche à rentabiliser au maximum son activité.

    L'affaire Cambridge Analytica nous a prouvé que l'on ne pouvait pas imaginer tout ce qu'il était possible de faire allant dans ce sens.

    Que Facebook, Google et consorts gagnent leurs vies avec ces réseaux est une chose acquise que je ne remets pas en cause. Mais ce que je ne peux accepter, ce sont les capacités quasi illimitées pour "rentabiliser" son activité. Ce qui peut entraîner des conséquences inimaginables au niveau individuel ou collectif, comme cette fois-ci peut-être, la sincérité du résultat d'une élection présidentielle dans un pays qui se définit comme le champion de la liberté.

    La faiblesse de la défense de Mark Zuckerberg (comme le silence de Trump) montre bien la gêne immense devant ce fait inédit par son ampleur et ses implications possibles.

    D'ailleurs ses concurrents directs se gardent bien d'enfoncer leur plus grand adversaire alors qu'elles auraient tout intérêt à en profiter. Et si elles ne le font pas, elles ont sûrement une bonne raison, la pub comparative n'est pas interdite aux États-Unis, au contraire elle y est née. Les principaux constructeurs de smartphones ne se gênent pas pour brocarder leurs concurrents directs et là, silence... assourdissant.

    Ce qui justifie que je n'ai et que je n'aurai pas de compte dans ce système louche et opaque.


  • Luna depuis 7 mois Lien du commentaire

    Je n'utilise pas Facebook et de toute façon, il va quand même être obligatoire de donner son compte pour obtenir son visa d'entrée aux États Unis


  • Je m'en fous personnellement. Pas de compte facebook, pas de problème.

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