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Contact tracing: Google et Apple détaillent leur technologie anti-coronavirus

Mis à jour : Le système sera disponible le 28 avril
Contact tracing: Google et Apple détaillent leur technologie anti-coronavirus

Le Bluetooth plutôt que la géolocalisation. C'est le compromis que permettrait le "contact tracing", cette technologie de traçage collaboratif et non-géolocalisé des infectés du Covid-19 sur laquelle travaillent Apple et Google et qui pourrait être utilisée pour l'application StopCovid du gouvernement français. 

Vendredi 10 avril, les deux géants californiens annonçaient travailler ensemble sur l'intégration d'une API (une interface de programmation) sur iOS et Android pour intégrer la technologie de contact tracing à nos smartphones d'ici le mois de mai. Celle-ci repose sur l'échange d'informations entre smartphones via Bluetooth pour identifier et "tracer" des personnes infectées par le Covid-19.  

On ne sait pas si l'application StopCovid du gouvernement, dont le développement devrait s'achever entre mai et juin 2020 reposera sur cette API précise. Mais dans un article d'Android Authority de ce mardi 14 avril, Google et Apple nous a au moins permis d'en apprendre un peu plus sur le fonctionnement du "contact tracing" et ainsi que sur ses potentielles limites. 

Date de lancement: 28 avril

La nouvelle a été annoncée sur Twitter par le Commissaire européen pour le marché intérieur de l'Union Européenne, Thierry Breton. Après s’être entretenu en visioconférence avec Tim Cook, le patron d’Apple, l'ancien président de l'Association nationale de la recherche et de la technologie a confirmé que les développeurs pourront s’emparer de la technologie de contact tracing pour concevoir leurs applications dédiées à partir du 28 avril. 

Alors que des débats et des critiques fleurissent autour de cette technologie jugée trop centralisée et pas assez anonymisée par certains experts, son lancement interviendra le jour d'un vote non-contraignant à l'Assemblée Nationale sur cette mesure.

Le "contact tracing" selon Google et Apple, comment ça marche?

Le schéma classique de fonctionnement de cette technologie tel qu'envisagé par Cuppertino et Mountain View est le suivant: 

Deux personnes (Personne A et Personne B) discutent ensemble, face à face, pendant une dizaine de minutes. Pendant ce temps, les smartphones de chacune des deux personnes sont à proximité l'un de l'autre et communiquent à travers des signaux Bluetooth LE sécurisés et créent des "balises".

apple google corona tracking 1
Les données partagées via Bluetooth sont anonymisées et chiffrées / © Google/Apple


Un enregistrement mutuel de certaines informations anonymisées et chiffrées s'opère lorsque que les smartphones se détectent entre eux via Bluetooth. Plus tard, la Personne 1 apprend qu'elle a été diagnostiquée positive au Covid-19. Avec son consentement, son smartphone partagera ses informations (l'historique des personnes rencontrées) des 14 derniers jours sur un ou plusieurs serveurs décentralisés. 

Pendant ce temps, le smartphone de la Personne B vérifie régulièrement ces serveurs pour voir si cette dernière a été en contact avec une personne ayant récemment contracté le virus. Il télécharge alors toutes les balises de diagnostic positif envoyés sur le serveur et cherche une correspondance avec celui de son utilisateur. 

apple google corona tracking 2
Le contact tracing d'Apple et Google pourrait tenir compte de la durée des interactions pour éviter les faux-positifs / © Apple/Google

Le smartphone de la Personne B trouve la balise de la Personne A (infectée) et envoie une notification "Push" à son utilisateur qu'il/elle a été en contact avec une personne testée positive au coronavirus. 

L'idée est donc d'identifier les patients-sources et donc les chaînes de contamination et ainsi freiner la propagation de l’épidémie surtout lorsqu'on entrera en phase de déconfinement (le 11 mai prochain a priori en France). Mais l'intérêt, qui est aussi sa principale limite, du contact tracing c'est qu'il ne repose la géolocalisation, ni le GPS ni la triangulation cellulaire de votre smartphone.

On voit aussi que la technologie d’Apple et de Google devrait tenir compte de la durée du contact détecté grâce au Bluetooth de quoi limiter le nombre de faux positifs générés à cause de l’imprécision du Bluetooth. Reste à savoir si le seuil de 10 minutes mentionné dans l'infographie ci-dessus sera celui utilisé pour déterminer s'il y a eu contact ou non.

Comment et quand Google et Apple comptent-ils lancer ce système?

Il faut d'abord comprendre que Google et Apple ne travaillent pas sur une application commune. On parle ici d'une API ou interface de programmation, qui permet à des développeurs tiers d'utiliser certaines fonctionnalités d'un système d'exploitation. 

Concrètement, cette API rendrait simplement le développement d'applications reposant sur le contact tracing, comme StopCovid, plus facile sur iOS et Android. Cette API devrait être déployée dans une mise à jour d'ici le mois de mai prochain et serait inter-opérable entre les deux systèmes d'exploitation.

Mais iOS et Android sont deux systèmes très différents. Pour Google, déployer la mise à jour sur chaque modèle de chaque constructeur sous Android serait un cauchemar logistique, la faute à la fragmentation d'Android. Sur iOS,le système est beaucoup plus facile pour Apple.

Voilà pourquoi Google devrait déployer cette MAJ va le Google Play Store alors qu'Apple devrait sortir une mise à jour complète d'iOS d'ici mi-mai. 

Parano et indiscipline, les limites évidentes du "contact tracing"

C'est bien beau tout ça, mais le contact tracing reste tout de même un vaste chantier. Même si Google et Apple développent cette API à temps, rien ne dit que les autorités sanitaires et les gouvernements vont l'utiliser. L"application StopCovid du gouvernement français devrait sortir entre fin mai et juin 2020 comme l'a expliqué Cédric O, secrétaire d'Etat au numérique. On doute que le développement attende le déploiement de cette API en mai.

Mais ce sont surtout les réticences des paranos de la vie privée tout comme l'indiscipline générale des Français face au confinement qui vont rendre cette technologie du contact tracing difficilement efficace. 

Une fois l'API déployée et les applications développées, il faut que les utilisateurs installent les apps et qu'ils activent le Bluetooth lors de leurs déplacements. Vu comment les mesures de confinement ont du mal à être respectées à la lettre, on voit mal tout le monde utiliser StopCovid religieusement par exemple. L'illectronisme assez élevé en France est aussi un obstacle, tout le monde n'aura pas le réflexe d'activer le Bluetooth en sortant de chez soi, et toute une partie de la population ne possède d'ailleurs pas de smartphone. 

La question des données personnelles, reste elle aussi un sérieux obstacle. Apple et Google le martèlent, vos données ne seront pas collectées n'importe comment mais le projet a subi une levée de boucliers des défenseurs de la vie privée aux Etats-Unis.

Pourtant, aucune donnée de géolocalisation ne sera utilisée par cette technologie. Toutes les données partagées via Bluetooth seront stockées localement sur votre smartphone. Les données envoyées sur les serveurs (les balises des 14 derniers jours d'une personne infectée) seront décentralisées, il n'y aura pas un seul serveur qui contient toutes ces données. Par ailleurs, ces données anonymisées et chiffrées ne contiennent que le strict nécessaire en termes d'informations (date de diagnostic, lieux visités, personnes rencontrées).

Mais on ne doute pas, et on peut le comprendre, qu'une large partie des utilisateurs restera réticente à faire confiance à Google, Apple ou n'importe quel organisme pour ce qui est de la sécurité de leurs données personnelles. Ces personnes n'utiliseront surement pas la fonction de partage des applications comme StopCovid. 

D'autre part, le "contact tracing" n'est que la partie émergée de l'iceberg. Pour réellement limiter la propagation du Covid-19, il faudra combiner les données collectées via l'application StopCovid à un large éventail de tests médicaux. Un dispositif qui n'est pas encore assez généralisé en France. 

Que pensez-vous de la solution de contact-tracing? Est-ce que le fait qu'Apple et Google s'en mêlent vous inquiète? Accepteriez-vous d'utiliser une application basée sur le contact tracing, plutôt qu'une autre passant par vos données de géolocalisation? 

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8 Commentaires

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  • Une des pires sa.lo.pe.ries jamais inventée


  • Cette soi-disant indiscipline des Français me convainc avec de plus en plus de difficulté.
    C'est bien pratique quand on n'est au pouvoir pour se dédouaner de ses incompétences et ses erreurs comme c'est le cas aujourd'hui. MAIS...

    Ce matin, vendredi 24 avril, notre ministre de la Santé, a quand même déclaré (sur France-Inter) que la baisse du nombre d'entrées dans les hôpitaux pour cause de coronavirus est du au meilleur respect actuel des citoyens des consignes de sécurité.

    Je ne veux dire que tout est devenu rose magiquement mais que les Français ont suffisamment la trouille pour s'adapter à la situation.
    Ce qui n'est pas une mauvaise nouvelle en soi...

    En faisant mes courses hier matin, j'aurais tendance à penser que c'est (devenu) pas complètement faux.


  • nas depuis 2 mois Lien du commentaire

    ça marchera jamais et ils le savent tous mais ils veulent montrer qu'ils ont fait quelques choses...


  • Et si on sortait un Waze du Covid, ça nous permettrait d'éviter les zones potentiellement hautement infectées ou d'éviter des rassemblements, non?



  • Ce type de solution a été adopté à Singapour, une cité-état où non seulement le consentement de la population n'est guère comparable à ce qu'avance, un peu hâtivement, l'article pour la France mais aussi le signalement physique bien plus efficace en agglomération très dense.
    En plus, le gouvernement singapourien n'est pas spécialement connu pour son libéralisme (politique, bien entendu mais l'autre, l'économique serait plutôt du genre ultra ) et c'est une belle litote...
    Et bien résultat, seulement 15 % des citoyens ont acceptés d'installer ce type d'appli (info France-Culture, une fois de plus)
    Chercher l'erreur.

    Connaissant la soif de vérité que TOUS nos précédents gouvernements (mais aussi celles des GAFAM...) ont l'habitude de pratiquer depuis fort longtemps, j'imagine facilement le résultat que l'on peut attendre en France.
    Après tout, on les a pas obligés à mentir...
    Moi grinçant ? Si peu !

    Ce n'est pas que je sois, par principe hostile à ce type "d'observation" si elle permet de comprendre au mieux les mécanismes de propagation de ce virus et d'en tirer profit pour éviter ou limiter les effets d'une deuxième vague (il y a un siècle avec la grippe espagnole, ce sont les vagues suivantes qui ont été les plus mortelles, entre 20 et 50 millions de morts au total soit, à coup sûr, bien plus que la 1ère Guerre Mondiale dont elle est un "sous-produit" si l'on peut s'exprimer ainsi)
    AU CONTRAIRE.
    Mais connaissant quelque peu les travers de nos sociétés, il m'arrive de douter du possible résultat...

    Et sentant l'irénisme dans lequel la plupart des médias se complaisent actuellement, je ne peux que conserver ma méfiance coutumière.


    • Oui je sais, la grippe dite "espagnole" n'est que la dénomination française du virus ayant fait des ravages entre 1919 et 1921, mais pas celle celle qu'utilise les espagnols.
      C'est comme les capotes dite "anglaises" chez nous mais "françaises" de l'autre côté de la Manche 😝


    • Ou pour faire court, c'est pas gagné. C'est ce que je dis dans l'article. Après, comme expliqué, cette API laissera le choix d'activer la fonctionnalité ou non. Et les gens auront le choix d'installer les apps basées sur cette API ou non. Et le hippopotames seront bien gardés.

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