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Comment les gouvernements répriment la liberté sur le net

Comment les gouvernements répriment la liberté sur le net

L'ONG Access Now, spécialisée dans les Droits de l'homme et la défense d'un accès libre au Web, vient de publier son rapport annuel pour l'année 2019. Elle confirme une tendance très négative concernant la liberté d'usage du net dans le monde et souligne de nouvelles restrictions dans des pays comme la Bolivie, l'Inde, le Soudan ou encore le Malawi. Son rapport met en avant les nouvelles modalités de coupure de l'accès à internet par certains gouvernements  qui ciblent les opposants politiques et toute forme de contestations. Voici son constat accablant.

Les coupures volontaires d'internet à l'échelle mondiale ne datent pas de cette année. De nombreux gouvernements ont pris l'habitude de fermer de plus en plus internet, souvent pour étouffer la dissidence politique et presque toujours en période de contestation sociale ou d'élections. C'est le lot quotidien pour des millions d'utilisateurs dans le monde qui souffrent du blocage de nombreuses plateformes digitales ou des réseaux sociaux. Le cas le plus emblématique étant la Chine qui utilise des méthodes sophistiquées pour censurer et contrôler les communications numériques.

Le document présenté par Access Now fait la distinction entre une répression technologique encadrée et des coupures brutales de l'accès au web comme c'est le cas dans la grande majorité des cas dénoncés par l'ONG. Dans son rapport, l'organisation non gouvernementale basée dans 10 pays du monde (Berlin, Bruxelles, Londres, Delhi, Cordoba, Manille, Nairobi, New York, San José,Tunis et Washington D.C) différencie en effet les méthodes quotidiennes de surveillance des citoyens des coupures ponctuelles mais généralisées de l'accès à internet. A travers une étude gobale menée par ses équipes de recherche, elle dénonce un nombre record de 213 coupures brutales en 2019 et montre que celles-ci ont énormément augmenté ces dernières années, passant de 75 en 2016 à 196 en 2018.

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Coupures d'internet en 2019 / © Access Now

Cette méthode est devenue récurrente dès lors que les gouvernements veulent véritablement isoler des régions entières. Il s'agit de couper toutes les connections y compris celles partagées par les secteurs de santé. Le rapport prend par exemple sur la décision prise par le premier ministre indien Narenda Modi le 5 août 2019 de couper l'accès au web dans les régions à tendance séparatiste du Jammu et du Cachemire (nord-ouest de l'Inde). Cette coupure plongea alors des millions d'utilisateurs dans le désarroi. Plus grave, elle empêcha les échanges en ligne entre les médecins et les hôpitaux dans une région pauvre et parfois sans ressources. Que dire également, des conséquences désastreuses de cette mesure sur les entreprises indiennes tournées vers le monde et qui se sont rapidement développées grâce à internet.

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Justifications et vraies causes des coupures / © Access Now

Plus intéressant, le rapport revient sur les justifications apportées par les gouvernements pour étayer leur politique répressive. Là, on observe que la défense de la vérité et la lutte contre les fausses nouvelles sont utilisées comme des excuses pour consolider la censure et les coupures massives. Certains pays comme le Soudan ou la Birmanie ont à ce titre fait état de leur préoccupation face aux fausses nouvelles, aux discours haineux ou les contenus faisant la promotion de la violence. Tous ces éléments ont dès lors servi à justifier un contrôle policier des usages du net et la répression des oppositions ou des minorités. On rappelle que dans beaucoup de pays à l'instar du Printemps Arabe, les dénonciations des atrocités commises par les gouvernements se font sur internet via les réseaux sociaux. Arme du pauvre diront certains, mais arme quand même.

Pour finir, les travaux d'Access Now contre l'arbitraire du net rappellent les disparités des usages du net dans le monde ainsi que la nécessité de défendre la liberté des usagers à l'image du rôle que joua l'ONG en 2009 lorsqu'elle diffusa des images de la brutale répression contre la population iranienne après les élections présidentielles. Son rapport renvoie aux mots du professeur de philosophie de l'université de Birmingham, Merten Reglitz, qui fut l'un des premiers à défendre avec des arguments la liberté d'usage d'internet en tant que liberté fondamentale.

Vous pouvez demander à recevoir une copie du rapport 2019 d'Access en écrivant à l'adresse : melody@accessnow.org

Source : Access Now

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5 Commentaires

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  • Lutter contre les fakes news c'est une priorité. Mais ce ne doit être en aucun cas un prétexte pour museler les dissidents ou autres opposants,contestataires... Les véritables auteurs de fakes news se doivent d'être recherchés et sanctionnés sévèrement... Toute technologie aussi merveilleuse soit elle a ses revers et ses failles.. Tout les gouvernements peuvent interrompre internet et les réseaux sociaux en cas de troubles. N'importe quel crétin peut faire courir des infos parfois fausses et dangereuses...semer le doute la discorde... Si l'accès d'internet se doit d'être une liberté pour tous...certains gouvernements prennent la liberté de l'interrompre quand les réseaux sociaux ne leurs donnent pas raison 😬


  • Même sans parler de politique, rien que dans le sport, quand on suit match de foot (pour coller à l'actualité). Que ce soit dans l'approche du match ou quelques mois avant et pendant les périodes de recrutement, à quelques heures ou pendant le debrief (une fois le match fini), on perçoit des sons de cloche très différents venant des journalistes, dans le ton et l'attitude en plateau. Il y a aussi un décalage (parfois un grand écart) entre le commentaire du lendemain sur Yahoo ou l'équipe et celui des émissions du soir du mach (à chaud) voire de ceux qui on assisté au match.
    On dirait que le discours a été convenu à l'avance et que scénario était gravé dans le marbre. Je veux parler du match de Lyon, même si je suis très content du résultat final.
    Mais c'est aussi ça la beauté du sport, l'incertitude au-delà du spectacle fourni et la dramaturgie de la rencontre.... Heureux gones qui étaient en tribune hier soir, fiers de l'implication et la solidarité de leurs joueurs. Tous pour eux et eux pour les remercier de les avoir soutenu.


  • Pas besoin d'être extra-lucide pour s'apercevoir que même en France, un pays soi-disant démocratique, le prétexte de lutte contre les soi-disant "fake news" sert à museler chaque jour un peu plus les voix qui dérangent nos dirigeants, que ce soit sur Internet ou dans les médias traditionnels. Comptes supprimés, personnes de tous bords blacklistées (et plus elles sont à droite, plus elles le sont) qui ne sont plus invitées dans certaines émissions, etc.. Tout cela est tout sauf rassurant pour notre démocratie.

    Chose étonnante, si j'ai bien compris le graphique, avec 121 l'Inde est le leader de la coupure d'Internet, et la Chine est à égalité avec le Royaume-Uni avec à peine 1 coupure. Voilà un résultat auquel on ne s'attendait pas. Idem concernant la Russie avec seulement 3. Et lorsqu'on sait que la France est le pays au monde qui intervient le plus auprès de Twitter et de Facebook pour censurer des contenus, on se dit qu'on n'a pas beaucoup de leçons à donner aux autres. 😏

    À d'autres époques, on brûlait vives les personnes accusées, évidemment à tort, d'être des "sorcières". Excuse bien pratique pour éliminer les gens qui sortaient de la norme sociétale. Il y a eu l'Inquisition, qui a torturé et tué de nombreuses personnes accusées, évidemment à tort, d'être hérétiques. Aujourd'hui, nos dirigeants se servent des soi-disant "fake news" pour écarter et museler les gens qui les dérangent, en les éliminant des réseaux sociaux, et à grands coups d'amendes, voire de peines de prison. Les techniques ont changé, évolution technologique oblige, mais les méthodes restent les mêmes.


    • Même sans parler de politique, rien que dans le sport, quand on suit match de foot (pour coller à l'actualité). Que ce soit dans l'approche du match ou quelques mois avant et pendant les périodes de recrutement, à quelques heures ou pendant le debrief (une fois le match fini), on perçoit des sons de cloche très différents venant des journaliste, dans le ton et l'attitude en plateau. Il y a aussi un décalage (parfois un grand écart) entre le commentaire du lendemain sur Yahoo ou l'équipe et celui des émissions du soir du mach (à chaud) voire de ceux qui on assisté au match.
      On dirait que le discours a été convenu à l'avance et que scénario était gravé dans le marbre. Je veux parler du match de Lyon, même si je suis très content du résultat final.
      Mais c'est aussi ça la beauté du sport, l'incertitude au-delà du spectacle fourni et la dramaturgie de la rencontre.... Heureux gones qui étaient en tribune hier soir, fiers de l'implication et la solidarité de leurs joueurs. Tous pour eux et eux pour les remercier de les avoir soutenu.

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