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La tablette numérique à l'assaut de l'archaïsme scolaire

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Deux vidéos sur le sujet toujours sensible de l'éducation tournent sur le web : celle de Motorola, dont nous vous parlions hier, pour la tablette XOOM et celle d'Apple pour son textbook. Vraiment, l'équipe marketing de chez Apple, chapeau bas, tout est orchestré d'une main de maître pour penser que le géant américain est en train de révolutionner l'école et sauver nos chers enfants de l'illétrisme ou, encore pire ! De l'ennui.

Toujours est-il que ces deux vidéos, très américaines – vous faisiez des spectacles de marionnettes au lycée, vous ? - mettent le doigt sur un point important : les tablettes numériques pourraient révolutionner l'enseignement en profondeur. Plus que des débats sur « faut-il supprimer les cours de flûte en 6ème », « le cheval d'arçon est-il une pratique barbare » ou « cartes roses ou cartes jaunes pour la cantine », il nous faut chercher des solutions au problème de l'archaïsme scolaire.

Qu'est-ce que l'archaïsme scolaire ? C'est un concept ma foi bien simple que je vous illustre, une fois n'est pas coutume, en vous évoquant une histoire personnelle. Lors de mes cours de géographie de lycée, il y a un-petit-bout-de-temps-mais-pas-trop, on avait dû séparer nous mêmes la Yougoslavie en 7 nouveaux pays sur nos livres démodés, acte politico-symbolique qui en dit long sur le problème de péremption du manuel scolaire. Voilà, l'archaïsme scolaire, c'est ça : des programmes qui n'évoluent pas, les mêmes livres des années durant, l'impossibilité d'interagir avec les données, le manque de dynamisme et surtout, le grand écart, le fossé générationnel entre les professeurs qui préparent très consciencieusement leurs photocopies de cartes à colorier et les élèves qui surfent jour et nuit, sont habitués à l'interaction, à la vitesse, à l'accès immédiat à l'information. Et si la tablette numérique était là pour régler ces problèmes ?

Dans le spot d'Apple, que vous pouvez zieuter à la fin de l'article, les enseignants expliquent plutôt bien les nombreux avantages de la tablette numérique sur les livres scolaires : ces derniers sont dépassés rapidement, lourds, et surtout, reviennent très chers à l’État. La tablette, elle, permet une actualisation constante des données, de tout regrouper sous un seul outil, de prendre des notes et d'en faire des fiches en même temps, de créer son propre livre, bref : d'interagir avec le monde. C'est également un moyen de mettre un pied dans le monde moderne et d'utiliser ces outils pour réintroduire ce qui manque trop dans nos salles de classe : la curiosité, la passion, l'envie d'apprendre. Je ne dis pas qu'une tablette numérique m'aurait fait tomber amoureuse des fonctions affines, mais pouvoir leur mettre des couleurs, les faire bouger dans l'espace virtuelle, ça aurait été un bon début. Autre usage : pouvoir équilibrer les écarts entre élèves grâce à des programmes sur la tablette apportant une aide supplémentaire en cas d'incompréhension en classe ou pour aider des élèves avec des difficultés, la dyslexie, par exemple. Fonctions affines, nous nous sommes manquées : avec une tablette, vous auriez pu être mienne (mais soyons réalistes : probablement pas).

Cependant, trois problèmes majeurs se posent encore. Problème un : les éditeurs sont-ils prêts à faire face à cette révolution ? Des initiatives voient le jour mais mettre au point un manuel numérique est un travail complètement différent, qui demande de nouvelles compétences et de nouveaux savoirs-faire. Problème deux : si certains sont excités par ce projet, comment convaincre tous les enseignants de changer de méthode de travail ? Trente-cinq ans de carrière dans les pattes et une habitude de présentation à la diapositive transparente, ça ne se change pas en une nuit. Enfin, problème trois : l'équipement. Évidemment, on ne peut pas attendre de tous les foyers français d'investir dans une tablette, un peu plus cher que le couple classique stylo bic - feuilles de classeur, c'est un investissement qui reviendrait au ministère de l'éducation nationale. Des expérimentations ont déjà eu lieu en 2011 par des collectivités territoriales. A Grenoble, 330 tablettes ont été distribuées pour une durée de cinq semaines à des collèges, lycées, écoles, avec d'excellents résultats. Seul hic pour le moment : les ressources pédagogiques, et en particulier les manuels scolaires, sont encore insuffisants. Messieurs dames les candidats à la présidentielle, peut-être ajouterez-vous une petite ligne à votre programme ? La prochaine génération réclame à corps et à cri des fonctions affines qui dansent le hip-hop.

 

Source : Eduscol

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