Nous utilisons les cookies sur ce site pour améliorer votre expérience utilisateur. OK

L'avenir de la téléphonie mobile en France : rose ou noir ?

avenir de la téléphonie free 

Depuis l'annonce mardi dernier des offres Free Mobile, c'est une véritable tornade qui s'abat sur le marché de la téléphonie mobile en France. Jugé parmi l'un des plus chers d'Europe il y a seulement une semaine, il est en passe de devenir l'un des plus compétitifs. Après les annonces d'Orange et de Virgin Mobile, c'est au tour de Bouygues et de SFR de réagir officiellement et de tenter une contre-attaque pour endiguer ce qu'on appelle déjà la Révolution Mobile.

Chez SFR, la grille tarifaire de la ligne low-cost de l'opérateur, Red, a dû être revue à la baisse. Les offres commencent donc à 9,90€, contre 12€ précédemment. Pour ce prix, on appellera deux heures ses amis préférés et on pourra envoyer SMS et MMS sans compter. Le forfait à 19,90€ reprend le principe de l'illimité : appels, SMS et MMS, plus, puisque c'est la grande mode, les fixes de quelques destinations internationales, au cas où vous voudriez contacter un service administratif à Bruxelles. Point d'Internet à l'horizon sur ces forfaits ; pour pouvoir poker sur Facebook, il faudra s’acquitter de 24,90€ mensuels, qui vous donneront droit à 1Go de data rechargeable.

L'offre de Bouygues est finalement la plus proche de Free Mobile. B&YOU, mi-anglicisme, mi-jeu de mots finement trouvé, dévoile son forfait sans engagement à 19,99€ par mois offrant appels illimités en France et vers plus de 40 destinations à l'étranger, SMS et MMS illimités, 3 Go d'Internet et messagerie vocale visuelle. Copie, vous avez dit copie ? Calqué sur Free Mobile, donc, l'offre vous permettra de vous assurer le confort du service boutique et de l'assistance téléphonique. Cependant, Bouygues Télécom n'a pas pu s'aligner sur tout : son mini-forfait commence à 9,99€ et vous donnera droit à 2 heures d'appels, SMS et MMS illimités , 20 Mo de data et l'accès au WiFi sur les bornes hotposts de Bouygues Télécom. Pourquoi n'avoir pas pu plus casser les prix ? Le directeur général de Bouygues, Olivier Roussat, répond dans le JDD : le forfait de Free « comporte des surcoûts importants car ni les appels, ni les SMS, ni Internet ne sont bloqués. Sans naviguer, la mise à jour automatique des applications sur smartphones consomme 60 mégaoctets par mois, soit 6 euros de hors forfait ». Free ne serait donc pas franc du collier et essayerait d'arnaquer la mamie du Cantal avec des méthodes pas jolies jolies ?

Jean-Ludovic Silicani, président de l'autorité des télécoms, a réagi sur cette baisse des prix fulgurante. « Le prix des deux offres proposées par Free est très bas. C'était l'objectif de l'attribution de cette quatrième licence de téléphonie. Le marché mobile avait une structure oligopolistique et donc insuffisamment concurrentielle ». Xavier Niel, président de Free, a évalué que si tous les opérateurs s'alignaient sur ses prix, les Français pourraient faire une économie de 7 milliards d'euros … Ou comment relancer la consommation efficacement.

Et si pour une fois, le grand gagnant était le consommateur ? On annonce déjà que l'Etat ne bondit pas vraiment de joie, parce que des forfaits moins chers, c'est aussi moins de TVA dans les caisses. On a également beaucoup parlé de la rentabilité de ces forfaits pour les opérateurs. Des analystes craignent qu'une réduction des bénéfices des opérateurs historiques entraînent des licenciements massif, ce que la CGT, toujours rassurante, a commenté avec force : « les patrons de ces entreprises vont inévitablement tenter de faire payer [la baisse des revenus] aux salariés ». On voit le cercle vicieux se former devant nous : moins d'argent, ça signifie aussi un développement et un entretien des réseaux négligés, un service consommateur moins efficace (quoi ? Ce n'est pas possible d'être moins efficace ?) ou encore moins de points de vente. Mais franchement, les malheurs des opérateurs, ça nous passe un peu par-dessus l'oreille, pour une fois que nous, pauvres consommateurs abusés habitués à payer 30€ leur heure d'appel, on est gagnant quelque part. Alors oui, bon, la perspective de plus de chômage, ça ne nous enchante pas vraiment. Mais on est pas sûrs que chez Orange, Bouygues & co, les directeurs partageaient avec leurs employés la marge scandaleuse qu'ils se faisaient. Nous essayerons donc de ne pas écouter les appels de pied un peu larmoyants des services de com. Il ne faut pas tout mélanger, et ne pas reporter sur Free Mobile la responsabilité des plans de licenciements qui s'annoncent.

Cependant, tout n'est pas rose dans le pays de Xavier Niels. Les premiers problèmes ont été reportés par les utilisateurs ayant reçu leur carte SIM Free Mobile : impossibilité de capter le réseau, d'aller sur Internet ou de recevoir des SMS, entre autres, ce qui est un peu balot avec un abonnement mobile. En attendant pour le nouveau venu de régler ces quelques soucis, les utilisateurs pourraient faire la paix avec leur opérateur de prédilection et jeter un coup d’œil à leurs nouvelles offres, qui égalent désormais pour la plupart les propositions de Free.

D'autre part, comme nous le prédisions, les prix pratiqués par Free Mobile devraient augmenter, l'ARCEP lui ayant accordé des tarifs préférentiels pour faciliter son insertion sur le marché. Prix d'appel, donc, qui sera revu à la hausse une fois les trois millions d'abonnés atteints, mais qui aura tout de même eu comme conséquence plus que louable d'injecter une forte dose de concurrence dans le marché trop confortablement installé de la téléphonie mobile.

Pas de commentaire

Ecrire un nouveau commentaire :

Nous utilisons les cookies sur ce site pour améliorer votre expérience utilisateur. Plus d'informations

J'ai compris