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Fermeture de Megaupload : la World War Web est déclarée

La date du 19 janvier 2012 restera-t-elle dans les annales comme le premier jour de la World War Web ? C'était le calme avant la tempête. Les Etats viennent de se réveiller et de tenter des actions pour sauver les droits d'auteurs au détriment de la liberté cybernétique. Les Etats-Unis, capitaine de ce vaisseau, ont attaqué les premiers en fermant Megaupload.

On en parlait déjà il y a quelques jours, les Etats-Unis ont décidé de s'attaquer au piratage et au violation de droits d'auteurs avec SOPA et PIPA. Comme beaucoup d'autres pays européens certes, mais il semble que leur action soit si ce n'est plus violente au moins beaucoup plus efficace. Le gouvernement avait une liste des sites pirates en décembre, dans laquelle figurait Megaupload, mais également des sites comme ThePirateBay ou certains bittorrents.
Le premier acte de guerre a été déchlenché hier, dans la nuit, alors que sous les ordres du département de la justice américaine, le FBI faisait fermer définitivement le site ultra populaire Mégaupload (50 millions de visiteurs par jour).

Au même moment, quatre responsables du site, dont son fondateur, l'Allemand Kim Dotcom, ont été arrêtés en Nouvelle-Zélande. Ils sont inculpés de violations de droits d'auteurs, mais également d'association de malfaiteurs en vue de commettre racket et blanchiment d'argent, infractions passibles de 20 ans de prison. Le FBI et le ministère de la Justice ont estimé dans un communiqué qu'il s'agissait d'une des plus "grandes affaires de violation des droits d'auteur jamais traitées aux Etats-Unis".
L'armée des Anonymous est alors entrée en marche.


Operation Megaupload


Minuit. Le compte twitter des Anonymous déclare : " Les fédéraux ont fermé le site Megaupload...ces conneries ne finiront donc jamais". Quelques minutes plus tard il annonce la fermeture de plusieurs sites. "Opération Payback, La cible est à terre, justice.gov 15 minutes après que les fédéraux aient annoncé l'arrêt de megaupload", est-il relaté par le compte twitter de la branche suédoise.
Les Anonymous, cette communauté mouvante d'hackers défendant un idéal de liberté cybernétique, est parfaitement représentative de l'Internet aujourd'hui : une foule anonyme, solidaire, réactive, puissante, et de plus en plus nombreuse qui ne reviendra pas en arrière.
Au final plusieurs sites ont été concernés par des fermetures temporaires. Le site officiel du Ministère de la justice américain, Universal Music Group, Warner Music Group, recording industry association, motion picture association... et Hadopi, parce que finalement les internautes n'ont pas de pays.
 


 

Et en France ?

"En France, rien n'empêche une action similaire", a déclaré la présidente d'Hadopi au monde.fr. Pour le moment l'organisme ne peut se concentrer que sur le peer-to-peer, mais rien n'empêche la justice d'attaquer les acteurs du Net pour contrefacon.
Car la France aussi s'est attelé à régler le problème. Nicolas Sarkozy a très rapidement réagi à l'annonce des événements américains, en saluant la fin d'un site permettant " des profits criminels". Il a par ailleurs souhaité "une collaboration judiciaire et policière active entre Etats pour porter un coup d'arrêt à leur développement" et que les ministres se penchent sur la question pour le cas échéant "compléter notre législation". Mi-novembre il avait déjà annoncé vouloir faire évoluer la loi pour bloquer les sites de streaming ou de téléchargement direct. Et cela a pour le moment porté quelques fruits. Le site de streaming francais Allostreaming a annoncé jeudi sa fermeture définitive, après une procédure intentée par l'industrie du film de déréférencement dans Google notamment, ou de blocage des sites "Allo".

Les présidentielles changeront-elles quelque chose à cet état de fait ? On se permet d'en douter.

Le PS, par la voix d'Aurélie Filipetti, chargée des questions de téléchargement au sein de l'équipe de campagne de Francois Hollande, a estimé que la fermeture de Mégaupload était "normale. Nous voulons renforcer la lutte contre ce genre de sites totalement illégaux qui font de l'argent sur le dos des artistes". Elle a cependant réaffirmé que le PS voulait la suppression de la loi Hadopi pour développer des plateformes légales.

Marine Lepen et Eva Joly se sont exprimées contre, la première accusant le président d'être "l'ami des majors et des multinationales qui font des marges hallucinantes sur le dos des artistes et des consommateurs", la seconde expliquant justement que «la fermeture de Megaupload et l'arrestation de ses dirigeants est un symptôme supplémentaire de l'incapacité des pouvoirs publics à se projeter au XXIe siècle et à concevoir un projet global éthique associant rémunération des auteurs et fluidité de la culture sur Internet".

Quoiqu'il en soit il semble que le fossé se creuse de plus en plus entre une génération née avec Internet et la consommation de biens culturels, séries, films qui ne décolèrent pas, et des Etats qui ne comprennent pas qu'il est trop tard pour revenir à la situation d'avant Internet. Cette guerre ne fait que commencer, la liste du gouvernement américain est encore longue et son action pourrait décider d'autres Etats à prendre de telles mesures. A l'inverse Anonymous n'est pas encore prêt à déposer les armes. Loin de là. Une rumeur courre déjà sur la toile : une nouvelle version alpha de Megavideo serait déjà sur pied. 


Et vous qu'en pensez-vous ? Trouvez vous normales les réactions de l'un ou de l'autre ? N'hésitez pas à donner votre avis dans les commentaires. 

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